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Concerant l'album, quels sont tes titres préférés ?
De 1 à 10 !!!??? Non... sérieusement je crois que tous les titres sont très spéciaux et différents les uns des autres. Peut-être y'a-t-il deux titres qui sont un peu différents de mes sonorités habituelles (UR et Sweet Misery), qui sont précisément ceux qui ne sont pas sortis dans la compilation en vinyle de l'album. Ces titres, je les ai simplement fait par simple divertissement pour rendre quelque chose de différent. Ceux sont des chansons que j'aime beaucoup, mais elles ne sont pas mes préférées car je suis un dj, j'aime faire danser... En tout cas, le reste de cet album reste très spécial.
Tu as eu pour Just Be des collaborations avec des artistes comme Kirsty Hawkshaw, Brian Transeau, Josh Gabriel, Aqualung,... Qu'apportent ces artistes à tes productions ?
Des choses différentes. Avec Josh Gabriel nous avons écris l'ensemble de Walking On Clouds, Kirsty Hawkshaw et Aqualung ont aussi écris principalement les autres vocales et moi je devais les fondre dans la musique. Leurs inspirations me permettaient de m'inspirer à mon tour sur la mélodie, c'est ce qui représente leur principal apport.
Une question obligée est celle sur Adagio For Strings. Comment-est apparue l'idée d'une nouvelle version sur ce titre, qui avait en outre déjà à son répertoire une autre version réellement excellente en l'occurence celle de Ferry Corsten ? Est-ce une sorte de défi ?
Ce titre a été conçu spécialement pour Tiësto in Concert. Je voulais à l'époque démarrer ce concert avec un titre que tout le monde connaissait mais qui sonnerait différement. Là était le vrai défi, parce que réellement j'aime cette chanson et j'aime aussi le remix de Ferry, mais Ferry a un style différent au mien et je voulais avoir mon interprétation propre de cette chanson. Mais il ne s'agit pas de le concurencer car ce titre est un classique et ne doit pas être touché. J'ai juste créer ce titre avec l'intention de débuter le concert de manière surprenante, rien de plus.
Tu as ces derniers mois fait une sorte de tour du monde, les personnes te reconnaissent partout où tu vas, tu as été élu meilleur dj du monde ces deux dernières années. Pour toi, quels sont tes mérites pour jouir aujourd'hui d'une si forte renommée ?
Oui, je crois que je joue de la bonne musique et que je suis un très bon dj. Je veux dire par là que où je vais, je m'assure que les gens soient attirés par la musique que je joue et qui soient en mesure de dire qu'ils écoutent de la bonne musique; ces deux raisons rassemblées sont je pense la clé de la réussite. Je reste principalement dans ma musique mais comme tout le monde n'aime pas la trance, j'adapte mon son au public de manière à ce que toute personne puisse s'y retrouver dans le son Tiësto.
Avec la tournée mondiale que tu viens de faire, ne te considère tu pas parfois plus comme un star du rock qu'un simple dj ?
Parfois. Je me considère principalement comme un dj, mais je ne nierai pas que quand tu fais un grand spectacle en Hollande tu te sens comme une star de rock.
Après deux années consécutives en étant n°1 mondial, quel est ton prochain défi ?
La troisième année, c'est clair !
Que signifie pour toi le mot “trance” ?
Il signifie mettre les gens en trance. Il ne s'agit pas du son trance, mais de faire jouir les gens par la musique.
Tu as dis que c'est en travaillant dans un magasin de disques qu'on apprend le plus. Indépendamment de cela, que manque-t-il de plus pour arriver à être un bon dj ?
Tu apprends de cette façon c'est vrai, et apprends beaucoup aussi à force de jouer et jouer, toujours et toujours. Je crois que le travail le plus difficile en tant que dj est celui du warm up. Tu dois apporter au club un certain niveau d'esprit pour que l'autre dj qui arrive ait la place chaude et soit directement encouragé. C'est très difficile d'être un bon dj de warm up car ce n'est pas toi qui reçois forcement les fruits de ton travail mais tu as la lourde responsabilité de tenir le contrôle de la salle dès le début pour assurer une bonne continuité toute la nuit. Tout ça est seulement obtenu avec beaucoup d'expérience et de pratique.
Et pour être un bon producteur ?
C'est autre chose, parce que de nos jours il y a énormément de gens dans le monde qui peuvent t'aider à faire tes chansons. Tu as besoin seulement de bonnes idées et bonnes sonorités. Je travaille avec de nombreuses personnes dans ce domaine. J'ai des idées, je crait les sons et une autre personne par exemple t'aide pour mélanger le tout. Je ne sais pas vraiment mais je pense qu'il est plus difficile de devenir un bon dj qu'un bon producteur.
Tu as travaillé en produisant à côté d'artistes comme Armin, Ferry Corsten, Benno de Goeij... Quel est celui avec lequel tu t'es senti le mieux ?
Tout s'est bien passé avec tout le monde. Avec Armin tout a été génial, avec Ferry... j'ai appris un tas de chose de Ferry !!! Il m'a enseigné énormement de choses sur le mélange et sur le bassline. Avec Benno j'ai fait aussi de grandes productions. Je crois que mon préféré reste Ferry Corsten. Il m'a beaucoup aidé dans le passé.
Mais concernant le dernier Gouryella, Ferry la fait solo. Penses-tu retourner un jour à ce projet ?
Mmm... je crois que je mettrait Gouryella à côté des Magik dans le même tiroir. Avec Ferry j'ai eu de grands moments, mais quand nous avons fait Gouryella nous étions peu connus, pas tant que maintenant, ce pourquoi nous trouvions toujours du temps. On s'appelait et on se disait “Tu as un moment demain?” et nous trouvions toujours un trou pour travailler sur ça. Maintenant si je l'appelle il est toujours dehors, ou c'est moi qui le suit. Bref, tu ne peux pas travailler d'une façon style “Allez, jeudi je vais faire un nouveau Gouryella” , parce que tu as toujours besoin de l'inspiration.
Et que répondrais-tu aux personnes qui t'accusent d'être allé vers le commercial et d'avoir oublié tes racines ?
Je ne suis pas d'accord, je ne crois pas avoir oublié mes racines. Je joue toujours de la trance, j'ai toujours mon son et mon style propre, celui que j'aime. Je ne pense pas à vendre, je ne fais pas de disques parce que simplement ils plaisent aux gens. Je crois que le problème est que je suis devenu trop populaire pour un certain type de gens qui seulement aiment l'aspect underground de la musique. Aujourd'hui je connais beaucoup de gens qui ne m'aiment plus seulement car je suis très connu. Si tu écoutes mes chansons et que tu compares par exemple Flight 643 ou Lethal Industry avec The Sound Of Goodbye d'Armin, je crois que les miennes sont moins commerciales et après on dit que je suis plus commercial que lui. Je crois que ma musique est encore très underground, comme les gens l'aiment. Regardez encore, Traffic n'est pas très commercial quand même, non ? Il n'y a pas vocales, aucune mélodie assez définie, et les gens disent que c'est commercial...
Beaucoup d'artistes ont leurs propres programmes de radio, et au moyen d'Internet leur portée est mondiale (le cas le plus remarquable est celui Armin avec A State Of Trance). En raison de cela, ils se sont transformés en gens très influents et les titres qu'ils jouent se transforment instantanéement en succès. Quel avis as tu sur le fait qu'une seule personne dicte presque l'ensemble des nouvelles tendances de la trance ? Le vois-tu de cette façon ou d'une autre manière ?
Non, je ne pense pas qu'il soit ainsi. Énormément de gens écoutent ces programmes, mais je crois que ce sont réellement les gens qui continueront à décider si ces titres seront des hits et non les dj’s. Tu peux mettre tous les sons que tu veux, mais si c'est une mauvaise chanson je pense pas que les gens accrecheront quand même. C'est bon qu'il y ait des programmes de radio qui rendent accessible aux gens les nouvelles productions mais comme toujours... il faut trouver du temps pour ça.
Aimerais-tu alors vraiment avoir ton propre programme de radio ?
Pour être franc, ceci demande un temps énorme. Pour Armin par exemple, celà lui demande un jour complet par semaine. Moi je préfère utiliser ce jour dans mon studio à faire une nouvelle production.
Ne te manque-t-il pas parfois le vieux temps de Summerbreeze, Magik et autres ? Si c'est ton coeur qui parlait, crois-tu vraiment que la période d'aujourd'hui est aussi bonne que celle de l'année 99 ?
Non, je ne pense pas qu'elle soit meilleure. Je pense que c'est la même chose, mais... Tu verras, quand tu essayeras de faire planer tes fans dans le ciel, tu gagneras des gens et en perdras d'autres sans cesse. Beaucoup de gens n'aiment plus ce que je mets maintenant par rapport aux autres années en arrière. Il se passe la même chose avec les groupes de pop ou rock. U2 perdent et gagnent des fans chaque jour. Il est évident que ces vieux temps me manque parfois, ils étaient les principes, tout était spécial et frais, tout était fantastique. Aujourd'hui, après par exemple ma tournée en Amérique du Nord pendant un mois et toutes les nuits, j'ai remarqué que toutes les salles étaient encore remplies, les gens adoraient ce que je passais, personne ne m'a fait cette réflexion. Je crois qu'en Hollande ou en Angleterre (en Espagne ne le sais encore pas) que les gens se plaignent beaucoup de celà car eux ils ont vécu cette période. Moi je pense qu'il s'agit de jouir du moment présent et c'est pourquoi, en général, je ne pense pas que la trance d'aujourd'hui est moins bonne que celle de 99.
Beaucoup de gens disent que les dj’s qui ont leur propre style sont souvent obligés de choisir la musique en fonction du style qu'ils possèdent, en rejetant parfois des titres bien meilleurs parce qu'ils ont un style différent. Comme chef du style de l'importance de Black Hole, que penses tu de cela ?
Dans mon cas, je ne pense pas que ca marche de cette façon. Je prends simplement des titres pourvu qu'ils soient bons. C'est plus difficile de trouver quelquechose qui soit bon que quelquechose que tu aimes. J'ai pas moins de 120 chansons qui arrivent chaque semaine, et quand tu te mets à écouter chaque cd-r... l'un n'est pas bon, l'autre aussi et l'autre encore... Tu arrives déjà au 15ème cd et tu es déjà fatigué d'écouter. Pour moi, leur destination m'est bien égale, pourvu qu'il soit bon et je les jouerais.
Crois-tu que beaucoup de chansons de nos jours sont trop semblables ?
Oui, c'est clair. Beaucoup dj’s et producteurs se sont produits dans la trance. Ils font un succès et tous les autres suivent pour faire des productions semblabes. Moi je ne fais jamais ça, si tu regardes mes chansons, elles sont très différentes. J'aime la diversité et je ne reviens presque jamais sur la même chose. |
Suite et fin demain où vous en saurez plus par exemple sur son titre favoris de tout les temps ou encore les destinations où il aimerait prochainement se produire.
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