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Sarkozy à "100 Minutes Pour Convaincre"
| quote: | Sarkozy donne le tempo à la droite et un coup de vieux à Le Pen
Invité de l'émission "100 minutes pour convaincre", lundi 9 décembre sur France 2, le ministre de l'intérieur a défendu la politique de sécurité du gouvernement et tenu tête au président du Front national. Il a annoncé un accord sur la prochaine organisation de l'islam en France.
Un premier échange révélateur : "Vous revendiquez une étiquette de droite ?" "– Je ne vois pas pourquoi je devrais m'en excuser." Lundi 9 décembre, invité de l'émission de France 2 "Cent minutes pour convaincre", le ministre (UMP) de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, a fixé sans tarder le cadre politique de son intervention.
Il se veut le héraut d'une droite sans complexe, qui n'a peur ni de ses idées, ni du Front national – dont il a mis à mal le chef, Jean-Marie Le Pen, pourtant rompu aux joutes télévisées.
Après avoir un moment hésité, M. Sarkozy avait estimé qu'il devait accepter la confrontation publique avec le président du FN. Il s'était contenté d'exiger que son adversaire intervienne en duplex – comme le veut d'ailleurs la formule de l'émission – et non sur le plateau, "pour éviter que ça tourne à une foire d'empoigne", explique un de ses conseillers. Le ministre avait soigneusement préparé ce duel, qui s'est ouvert sur les compliments que lui a adressés M. Le Pen pour son activisme. Ce dernier a également remercié M. Sarkozy d'avoir accepté de débattre avec lui, rappelant que Jacques Chirac s'y était refusé, lui, entre les deux tours de l'élection présidentielle.
Puis le ton s'est fait plus acide. M. Le Pen s'en est pris à la politique d'immigration du gouvernement. "Le fait créateur principal de l'insécurité dans notre pays, c'est l'immigration massive", a asséné le président du FN. "Je ne crois pas à une nouvelle ligne Maginot", a répliqué M. Sarkozy, usant d'une formule qu'il avait mise au point avec ses collaborateurs, samedi 7 décembre. "L'idée qu'on puisse mettre des murs de barbelés à toutes nos frontières pour empêcher la misère du monde de déferler chez nous est une idée folle, parce que c'est une idée totalement inefficace", a ajouté le ministre de l'intérieur. Rappelant les origines étrangères de son père (hongrois), il s'est aussi dit hostile au "droit du sang", prôné par le leader de l'extrême droite.
En un peu plus de cent minutes, le numéro deux du gouvernement, présenté par Olivier Mazerolle, le directeur de l'information de France 2, comme "un premier ministre bis" a eu le temps de faire deux annonces. M. Sarkozy a affirmé qu'il avait obtenu l'accord des trois principaux représentants des musulmans de France, la Mosquée de Paris, la fédération nationale des musulmans de France et l'Union des organisations islamiques de France, pour favoriser l'émergence "du statut d'un organisme du culte musulman".
Il a, par ailleurs, indiqué qu'il rendrait publique, mardi 10 décembre, la liste de neuf nouveaux départements qui vont être soumis au redéploiement. Et donc échanger des commissariats de police pour des casernes de gendarmerie, ou vice-versa. M. Sarkozy a choisi un exemple pas tout à fait au hasard. Dans le Var, Saint-Tropez va retrouver ses gendarmes, a affirmé le ministre avec un léger sourire.
Il a encore promis deux visites. La première à Salah Amokrane, conseiller municipal d'opposition sur la liste des Motivé-es, à Toulouse, qui lui reprochait les contrôles d'identité abusifs des policiers dans les quartiers difficiles. La seconde à Elisabeth Guigou, députée (PS) de Bondy (Seine-Saint-Denis). Cette dernière lui reprochait de laisser impunies des bavures policières dans le département. "S'il y a une bavure, je vous garantis qu'elle sera sanctionnée avec sévérité", a juré le ministre de l'intérieur, avant d'annoncer sa venue, à Bondy, la semaine prochaine pour vérifier, avec elle, la véracité de ses accusations. Critiqué sur sa méthode par l'ancienne ministre de la justice, puis des affaires sociales, du gouvernement de Lionel Jospin, M. Sarkozy a répondu en reprochant à l'ancienne majorité son inaction, alors qu'elle avait été "pendant cinq ans" au pouvoir.
Interrogé sur les aspects sécuritaires de sa politique, et notamment sur les mesures visant les prostituées ou la mendicité agressive, M. Sarkozy a défié quiconque de relever de sa part, "en sept mois, un mot, une attitude qui n'a pas été républicaine". Il a également dénoncé "le terrorisme intellectuel" qui "fait le lit des extrémistes". La position du gouvernement, a rappelé le ministre qui a cité Jean-Pierre Raffarin, plus souvent que Jacques Chirac, est d'améliorer la sécurité pour ceux qui en ont le plus besoin, les habitants des quartiers défavorisés.
Face à son ultime interlocuteur, le conseiller territorial de Corsica Nazione Jean-Guy Talamoni, le ministre de l'intérieur s'est montré plus humble. Sur le dossier corse, il a reconnu avoir "plus de chance d'échouer que de réussir". "Je crois qu'il y a un tout petit chemin pour réussir, il faut essayer de l'emprunter", a encore dit M. Sarkozy, en confirmant son prochain déplacement dans l'île.
A l'issue de l'émission, M. Sarkozy a reçu un appel du premier ministre, qui l'a félicité. Au même moment, son rival, Alain Juppé, devait assumer l'échec du candidat UMP à l'élection législative partielle des Yvelines...
Pascal Ceaux
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La meilleure audience de l'émission
Le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, invité de l'émission "100 minutes pour convaincre" sur France 2, lundi 9 décembre, a attiré 5,77 millions de téléspectateurs, soit 25 % de parts d'audience. M. Sarkozy a fait mieux que le premier ministre Jean-Pierre Raffarin qui, invité le 26 septembre, avait rassemblé 5 millions de téléspectateurs (23,3 % de parts d'audience). Avec le ministre de l'intérieur, le magazine politique a réalisé son meilleur audience.
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Pour une lecture plus agréable : http://www.lemonde.fr/article/0,598...301559-,00.html
Vous avez regardé l'émission? Votre opinion?
Je le trouve pas mal ce Sarkozy et il a plutôt bien répondu à tout le monde, notamment à le Pen! 
Last edited by Lytchix on Dec-10-2002 at 21:47
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