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C'est une vaste fumisterie le CPE, et le débat est stérile et à côté de la plaque en beaucoup de points...
La volonté de flexibilisation qui fait actuellement globalement consensus est une façade, ce contrat n'apporte rien de plus, le droit du travail ayant été changé ces dernières années. Ainsi, les Cassandre qui déplorent l'impossibilité de licencier des incompétents en sont eux-mêmes d'assez profond, car dire cela est affirmer son ignorance de tout l'arsenal législatif mis en place. Il faut savoir que licencier une personne fraîchement embauchée en CDD ou CDI est plutôt chose aisée et peu chère pour l'entreprise.
Je m'explique à travers de quelques illustrations: si un patron veut licencier une personne qui ne lui revient pas, il existe un motif appelé "incompatibilité d'humeur", et concernant les indemnités, le licenciement ne coûte rien à l'entreprise pendant les 2 premières années de contrat. Or, le CPE est l'inverse de cela, puisque l'employeur devra je ne sais plus quel montant au licencié (2 mois d'ancienneté je crois).
L'argument, qui soulève un problème important au demeurant, qui consiste à dire que le chômage des jeunes est trop élevé est donc totalement foireux dans ce cas, car le CPE ne répond en rien théoriquement et empiriquement à la situation économique française. Quant aux aides et autres exonérations de charges qui pourraient se cacher derrière le CPE, elles ne sont pas plus élevées que pour une embauche classique.
Ce contrat sert donc juste à mettre en oeuvre une vision anglo-saxonne du marché du travail, fondée ici sur le modèle néoclassique, plus particulièrement celui de la Nouvelle Ecole Classique (avec les écrits de Robert Lucas notamment), pour ceux qui connaissent.
Je commence à ne plus supporter cette constante volonté de ne pas tenir compte de la spécifité du modèle de capitalisme français, pourquoi devrions-nous toujours aller piocher des solutions dans d'autres pays, à la mentalité et aux moeurs différentes, en ce moment je pense au modèle danois, mais on a eu droit au modèle suédois, ensuite au modèle japonais...
Ca ne sert à rien de sortir des grandes écoles si c'est pour manquer de créativité (pris ici dans le sens strict, c'est à dire de se représenter le travail déjà fini avant de l'avoir commencé), et de ne pas savoir réagir face à l'imprévu, alors même que des indicateurs fiables existent, et que des modèles sont prêts pour de multiples situations (je pense au diagramme à 45° de Samuelson pour ceux qui connaissent, au modèle de Solow, et ainsi de suite...).
Je pense pour ma part que la molesse actuelle du corps politique s'explique en grande partie par sa "professionalisation". Le mot ministre signifie étymologiquement en latin "serviteur", mais aujourd'hui, l'appétit de pouvoir consume pour une grande part le devoir de bien faire, le devoir de bien servir. Si par exemple un homme politique prend des mesures inadéquates qui plongent le pays dans la crise, pourquoi le revoit-on encore actif jusqu'à sa mort?
La mobilité n'est pas assez forte, c'est à la capacité de renouveler ses élites qu'on peut juger du degré de civilisation d'une société.
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