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| quote: | Originally posted by choukri
C'est étrange de ne pas croire en leur sincérité, à la sincérité du mouvement, au monde que cela rassemble autour d'une cause. Si l'objectif était de narguer la société, cela soulèverait d'autres questions et une opposition forte. |
Ce n’est pas que je ne crois pas à la sincérité du mouvement. Et je n’employais pas « narguer » au sens « vouloir choquer » ou se montrer agressif pour marquer les esprits. On n’en est en effet plus là et heureusement, ça veut dire que ça vaut le coup de se battre pour des idéaux et petit à petit la société change comme tu dis. Je m‘interrogeais d’avantage sur les motivations des participants. Il y a en effet ceux qui pensent, qui portent le mouvement, qui introduisent les revendications et les idées. Et qui y croient. Mais aussi les individus en tant que tels qui suivent mais qui ne vont pas aussi loin dans la démarche. Ceux qui souffrent de se sentir exclus sans intellectualiser la chose pour trouver un espoir et n’ont pas envie d’attendre 50 ans pour être acceptés. Et qui finissent par utiliser ces différences pour s’affirmer et se définir par rapport aux autres.
Je comprends tout à fait cette démarche, et c’est ce que tu dis : quand tu te sens rejeté par la société, tu réagis en exacerbant ta différence. Ce qui engendre cette attitude souvent un peu provocatrice et ironique, qui est l’attitude qu’adopte une grande partie de la population gay parisienne (idem pour les jeunes populations dans les banlieues défavorisées). Et ce sont souvent eux qui finalement marquent les esprits des gens. C’est ça que j’appelle narguer. Mais je ne juge pas ce comportement, je le trouve légitime.
| quote: | | Je pense que c'est l'ignorance, la souffrance personnelle et un grand manque d'ouverture d'esprit qui incite à croire que tout cela soit utopique. |
C’est vrai. Ceci dit, croire à ces idées est une chose, être conscient de la lenteur de l’évolution des choses et subir les limites de la société en est une autre. Personnellement j’y crois et je souffre parfois du fait que je ne peux finalement en parler quasiment à personne sans qu’on se moque de moi.
Mais être confronté à la réalité chaque jour, ne pas avoir envie d’attendre des lustres avant que ça s’arrange, subir le malaise ambiant (car malaise il y a on ne peut pas le nier) fait que la plupart des gens ne voient aucun signe d’amélioration et s’en tiennent à ce qu’ils vivent et expérimentent au quotidien. Et s’en foutent des idées qu’ils ne voient pas s’appliquer à leur réalité à eux.
Car c’est un des signes distinctifs de la société actuelle. Je lisais récemment une étude où il apparaît que les gens sont de plus en plus individualistes (pire qu’avant !) et cherchent comme unique but le développement, l’épanouissement d’eux-mêmes au travers de passions qui leur permettent de s’échapper de leur vie quotidienne. Tu ne peux pas leur parler d’idéaux à ces gens là. Certains souffrent du quotidien, d’autres le voient comme une contrainte. Mais ils finissent tous par le fuir, pas par la pensée, et pas forcément en allant vers les autres. Toutes catégories sociales confondues.
Donc oui en effet ça peut être l’ignorance, la souffrance et un manque d’ouverture d’esprit qui fait que la plupart des gens voit ça comme une utopie. Mais on ne peut pas le leur reprocher finalement parce que c’est légitime. Et c’est ce qui me fait dire que globalement la société va mal…
Même si on avance doucement sur certains points.
| quote: | | Il faut croire que c'est possible et être conscient des difficultés. Seulement perdre le sens du combat, c'est baisser les bras et accepter de revenir en arrière. |
D’accord à 200% avec toi
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