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J-4 avant le match des matchs. Juste une petite mis en chauffe.
Lisez cet article les enfants. Ca fait froid dans le dos
| quote: | omme le footballeur professionnel, le hooligan parisien prépare ses grands matchs. Et la rencontre PSG-OM est le principal happening de la saison pour les quelque 300 «hools» de la capitale considérés comme dangereux par les services de police. Une rencontre à «très haut risque» avancée à samedi après-midi par la préfecture (lire page 29). «Actuellement, ils ne veulent pas se faire remarquer, diagnostique Pierre Raynaud, chef du premier district parisien de police, en charge du Parc des Princes. Ils se mettent au vert en attendant l'OM, mais ils préparent leur coup. Ils s'appellent, se donnent des rendez-vous et se chauffent à bloc sur l'Internet...»
En août 1993, la spectaculaire agression de dix policiers en pleine tribune Boulogne, lors d'un match PSG-Caen, attirait l'attention sur le hooliganisme. Loi Alliot-Marie de 1993, contrôles et fouilles à l'entrée du Parc, interpellations et interdictions de stade (actuellement une trentaine de personnes), marquage à la culotte par les renseignements généraux, installation au Parc des Princes d'un PC sécurité avec vidéosurveillance et cellules de gardes à vue, réorganisation de la tribune Boulogne et encadrement du public par des stadiers... La justice, la police et le club ont, en dix ans, multiplié les mesures contre le phénomène. Sans parvenir à l'éradiquer. «Le hooliganisme ne faiblit pas, poursuit Pierre Raynaud. Il persiste, persiste encore, et réapparaît à chaque match à risque.»
Puristes de la violence. Le 26 novembre prochain, sept supporters parisiens comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Paris pour leur participation, le 13 mars 2001, aux affrontements lors du match de Ligue des champions PSG-Galatasaray. Une véritable bataille rangée contre les supporters turcs dans les gradins du Parc, qui avait fait 56 blessés. Plusieurs des prévenus fréquentent la tribune Auteuil, où les hooligans ont récemment fait leur apparition : des puristes de la violence urbaine, pratiquée sans considérations idéologiques. Mais ils sont beaucoup moins nombreux que leurs homologues de Boulogne, fortement politisés.
Néonazisme. Chez un des prévenus, supporter de Boulogne, les policiers ont retrouvé armes blanches et littérature néonazie. «A Boulogne, le rapport à l'extrême droite est permanent depuis 1985, explique Patrick Mignon, sociologue spécialiste du hooliganisme. D'ailleurs, les hooligans de Boulogne sont apparus en même temps que la résurgence d'une force d'extrême droite en France. L'extrême droite a toujours été présente sur tous les fronts culturels. Le rock identitaire et le foot correspondent à cette volonté de se faire remarquer et de recruter.» Ce que confirme un site Internet d'inspiration «nationaliste-révolutionnaire» : «Nous pensons que le combat aujourd'hui se situe plus dans notre présence dans les concerts, les stades ou par un interventionnisme d'avant-garde que dans un militantisme de type trotskiste qui n'a jamais amené le moindre résultat.»
La dernière élection présidentielle n'a pas manqué d'attiser la flamme. Entre les deux tours, à l'occasion du match PSG-Metz, le 27 avril, ils étaient près de 300 pour une sorte de «tour d'honneur» autour du Parc des Princes, clamant leur soutien à Le Pen. Le 1er mai, une centaine défilaient en marge du cortège du FN. Sur un forum de discussion, l'un d'eux a donné les consignes : «Venez sans aucune marque pouvant être assimilée à Boulogne ou autre... Pas de salut nazi... Pas de connerie...» Quelques semaines plus tard, le 14 juillet, Maxime Brunerie tentait de faire feu sur Jacques Chirac. Proche du mouvement Unité radicale, aujourd'hui dissous, promoteur du «rock identitaire», Brunerie fut un abonné de la tribune Boulogne, qu'il fréquentait encore la saison passée.
Si les gradins du Parc n'ont plus été, depuis PSG-Galatasaray, le théâtre de violences, celles-ci persistent aux abords du stade. Les agressions racistes sont fréquentes, les soirs de match, devant certains cafés. «Nous savons que des groupes, venus dans l'idée d'inciter à agresser des personnes de couleur ou de récupérer des troupes, restent à l'extérieur», explique Anne Vosgien, vice-procureure spécialisée dans le hooliganisme. L'association SOS Racisme, qui, en décembre 1999, avait signé un accord avec le PSG, concrétisé par un clip antiraciste diffusé au stade, confirme : «Les matchs contre Galatasaray ou l'OM sont les moments forts. Mais le quotidien, c'est un harcèlement raciste autour du Parc des Princes, qui est monté en puissance ces derniers mois», analyse Malek Boutih, président de SOS Racisme.
«On a affaire à un phénomène cyclique, explique Patrick Mignon. Certains vieillissent et fondent une famille, il faut donc reconstituer les forces. Ce sera fait par le biais de "permanents", des professionnels du supporterisme ou de l'agitation politique, qui ont une réputation de force, de folie.» Chez les «hools», la réputation, construite sur des faits d'armes, est essentielle. «Un hooligan, c'est quelqu'un qui a une aura, juge un policier. Il y a des groupes mythiques. Un ancien du Commando Pirate, des Firebirds, de l'Army Korps, ou de la Casual Firm (groupuscules célèbres des années 90, ndlr), c'est comme un légionnaire...»
On ne trouve plus guère de skinheads au Parc des Princes. Même si, assure Pierre Raynaud, «pour le match contre l'OM, on aura tous les vieux chevaux de retour». Agé d'une vingtaine d'années, le hooligan nouveau a adopté le style casual : polos Fred Perry, Umbro, Lonsdale... Contrairement à l'ancienne génération, qui rechignait à intégrer des associations existantes (les fameux «Indépendants»), la nouvelle se range volontiers derrière les banderoles des groupes officiels ultras de la tribune Boulogne : Boulogne Boys, Gavroche, Layache Family ou Rangers. Et profite des déplacements organisés par ces groupes, considérés comme des «socles sains» par le club. «Les associations d'ultras revendiquent la reconnaissance de leur activité, explique Fred Legesne, responsable du département supporter du PSG. Pour nous, c'est un moyen de nous appuyer sur des bureaux et des comités directeurs, plutôt que sur des virages qui deviennent des zones de non-droit. Mais les hooligans ne recherchent pas le contact avec le club.»
«Français à jamais». Autrefois, ceux-ci étaient regroupés dans la partie basse de Boulogne. Depuis la réorganisation de la tribune, on les trouve dans tout le virage, où «ils prospèrent tranquillement», estime un policier. Les sites Internet et forums de discussion consacrés au Kop de Boulogne en témoignent : beaucoup d'appels à la haine raciale, pas mal de mythomanie, mais aussi l'aspiration à un Kop «français à jamais», et le désir de «redonner des couleurs à notre tribune et à notre réputation...». En matière de guérilla urbaine, les hools parisiens font preuve d'un grand professionnalisme. «Ils travaillent au portable, se déplacent très vite et connaissent parfaitement le terrain, résume Pierre Raynaud. Ils vont même faire des repérages. Il nous est arrivé de trouver des sacs de pierres dans les taillis, et même une caisse de cocktails Molotov...». |
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