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tu la quoi Ségolène...? 
La France reste réformable, mais avec les syndicats et après 2007
le 11/04/2006 à 11:34
Changer les règles du travail en France reste possible à condition d'instaurer un véritable dialogue social, mais aucune réforme d'envergure ne paraît désormais possible d'ici la présidentielle de 2007, estiment des analystes après la crise du contrat première embauche (CPE).
"La leçon du contrat première embauche, c'est qu'aucune réforme d'ampleur ne peut se décider dans ce pays sans dialogue social avec les syndicats. Il faut des constats partagés, qui rendent les compromis acceptables", juge le politologue Stéphane Rozès, de l'institut de sondages CSA.
Le Premier ministre Dominique de Villepin, qui a fini par céder, a voulu imposer le CPE au nom d'une plus grande flexibilité du travail sans consulter les syndicats, faisant l'économie d'une phase de maturation et de pédagogie essentielle au bon fonctionnement d'une démocratie sociale, souligne-t-il.
Or, notent les experts, la tentation est forte en France de contourner les organisations syndicales car elles y sont très peu représentatives : seuls 8% des salariés sont syndiqués contre un sur deux en moyenne en Europe. La crise du CPE a pourtant mis en lumière leur rôle incontournable.
A l'inverse du bras de fer qui vient de les opposer au gouvernement, les syndicats ne doivent pas être des adversaires mais "des partenaires" du pouvoir, comme en Allemagne ou dans les pays nordiques, souligne Nicolas Tenzer, du Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique (CERAP).
Le CPE à peine enterré, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui vise la présidentielle de 2007, jugeait mardi "la rupture" avec le modèle social français "plus que jamais nécessaire". Pour lui, "la flexibilité peut être une chance". Mais les analystes doutent que le sujet puisse être sérieusement traité avant le scrutin présidentiel prévu au printemps 2007, aucun camp ne voulant prendre ce risque dans un contexte social aussi tendu.
"Seule l'élection présidentielle pourra dénouer" ce dossier, juge Stéphane Rozès, parce qu'elle relégitimera un exécutif aujourd'hui malmené.
Selon lui, un pouvoir fort est d'autant plus nécessaire que les Français sont plus difficiles à convaincre qu'ailleurs : contrairement aux Britanniques, par exemple, ils "ne voient pas de lien entre flexibilité et création d'emplois" et l'associent au contraire au chômage. Pour réussir, la prochaine majorité devra miser sur la "sécurisation" du travail afin de faire passer la pilule de la flexibilité, estime Stéphane Rozès.
Jusqu'à l'élection de 2007, les hommes politiques vont "mettre la flexibilité en sourdine", parie aussi Nicolas Tenzer. "Ca va être très long et difficile, il faut faire mûrir le débat public", assure-t-il. D'autant que la France "a une capacité de passage à l'acte nettement plus faible que les autres pays d'Europe, le Canada, l'Australie, etc.".
Aujourd'hui, "les conditions de la confiance politique et économique ne sont pas réunies" pour réformer et s'attaquer "sereinement" à un assouplissement du code du travail, renchérit Pierre Giacometti, directeur de l'institut Ipsos, qui pense lui aussi que le débat sera gelé jusqu'en 2007. "Ce genre de grand chantier est plus facile à mener en début qu'en fin de mandat" et avec "une croissance qui porte" cette dynamique, juge-t-il, en relevant que la France a la particularité "d'avancer par évolutions brutales".
Le politologue Dominique Reynié est le plus pessimiste : pour lui, le débat sur la flexibilité en France "c'est terminé et pour très longtemps". Il pense pourtant que la réforme du travail finira par s'imposer par nécessité, mais "sans légiférer". Car pour réformer, "ce qui compte en France, c'est de ne pas le dire".
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8%... je savais pas que c'était aussi peu... ça me donne encore moins d'estime d'eux tiens... 
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17.12.11 TBC @ Paris
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