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Another interview she did (apparently the same day) as the one Kate posted - much of the same content surrounding her tour but some other stuff as well.
A l’occasion de sa date Parisienne à la PANIK de vendredi 21.04 à l’Elysée Montmartre et de la sortie de sa dernière compilation « Come with me », lemonsound reçoit MISSTRESS BARBARA.
Tu es née en Sicile et tu as suivi ta famille au Québec à l’âge de 8 ans. Qu’as-tu gardé de ton pays d’origine ?
"Tout, vraiment tout. En fait je suis vraiment, vraiment italienne, pas seulement à la base mais complètement. Je parle constamment italien à la maison, je mange souvent italien, je cuisine italien, j’écoute de la musique italienne et j’ai vraiment des valeurs italiennes. Sauf peut-être que j’ai 30 ans et que je ne suis pas mariée avec des enfants, c’est le seul côté moderne ou nord américain. Quand je rentre en Sicile, je suis trop américaine pour eux, ils ne font pas la distinction avec le Québec. Tandis qu’à Montréal je suis l’Italienne pour mes amis, je suis partie de chez mes parents à 27 ans, donc ça c’est très italien. Je m’habille très à l’italienne, classique. J’aime l’Italie."
Tu as l’occasion d’y retourner ?
"J’y retourne occasionnellement que ce soit pour jouer ou j’essaie d’y aller en vacances parfois. Mais le truc c’est que si je joue c’est plus dans le Nord et moi je suis du Sud. Donc c’est difficile de faire des détours. Mais là je suis vraiment contente parce que cet été, le 19 août, j’ai une date confirmé à Catania et c’est là où je suis née. J’ai jamais joué dans ma ville natale donc pour moi c’est vraiment émouvant."
Dans quel univers musical as-tu grandi ?
"Un univers musical très italien à la maison, du moins avant quand j’habitais encore avec eux, c’est en permanence la radio italienne, la TV italienne en direct, je suis toujours au courant. En plus mère a une boutique de livres italienne et elle vend aussi des CD donc je connais toutes les nouveautés populaires italiennes. J’ai donc eu une adolescence partagée entre la musique italienne à la maison, et à l’école au lieu d’écouter les cours, j’avais toujours mon walkman sur les oreilles avec du rock. J’ai été une grande fana des Beatles, j’ai grandi avec eux et Led Zepelin. C’était vraiment mon influence musicale avant de commencer à aimer la musique électronique. J’ai tout de suite commencé par un côté un peu hard, peut-être à cause du rock."
Quel a été ton premier contact avec la musique ?
"À 9 ans, j’ai pris quelques cours de piano, mais je sautais trop d’étapes, je suis quelqu’un qui apprend très vite et je me suis fâchée beaucoup avec ma prof de piano, elle m’engueulait tout le temps alors j’ai lâché. En théorie ça aurait été le piano, mais ça n’a pas duré plus de deux semaines, elle me faisait chier, je me suis cassée ! Après comme instrument ça a été tout d’abord la caisse claire parce que j’ai été dans les cadets, c’est une activité un peu paramilitaire parce que j’ai fait des cours de pilotage, je suis devenue pilote etc. et dans les cadets je jouais de la caisse claire. Et c’est l’amour pour la caisse claire qui m’a fait vraiment me dire que j’adorais la percussion et je voulais m’acheter une batterie. Donc la batterie est vraiment mon instrument à moi, on retrouve ça dans mes productions et on les reconnaît par des drums distingués. Si le groove de drum est bon, c’est ce qui va m’accrocher au morceau. Plus qu’une mélodie ou une voix. C’est le rythme avant tout."
Tu as ensuite troqué les percussions contre des platines et une table de mixage. Comment s’est fait cette transition ?
"En fait je suis sortie avec des amis un soir d’anniversaire qui n’aimaient que la Dance , dans le mauvais sens du terme, celle de 1993/1994, les temps où il n’y a pas eu plus horrible que ça. (en chantant) This is the rythm of the night, il n’y a pas plus ringard! Donc il a fallu que je supporte ça à chaque sortie dans des boîtes commerciales pour faire plaisir à mes amis. Mais un soir, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, il y avait un DJ qui a joué des morceaux un peu plus underground que d’habitude, c’était le temps de (en chantant) Deep inside, deep deep, don’t stop, ou encore (en chantant toujours) Deeper love deeper love. C’était les débuts de la house et c’était vraiment bon ! J’ai vraiment aimé ça et j’ai commencé à danser. Un ami m’a remarqué et m’a conseillé de sortir un peu plus dans les clubs gays. Et moi, ignorante totale, je l’écoute, je suis son conseil et je me mets à chercher des flyers, sortir dans les raves. C’est comme ça que le grand coup de foudre s‘est fait. Je suis tombée amoureuse de la musique, et après très peu de temps je ne me contentais plus de sortir pour aller danser, je n’étais pas satisfaite. Si dans une soirée je ne localisais pas tout de suite la cabine DJ pour regarder le DJ travailler, observer ses gestes, j’étais fascinée de le voir mixer. Je me suis dit voilà c’est ça, c’est exactement ce que je veux faire. En plus à l’époque je faisais un diplôme en cinéma alors c’était dur de tout organiser mais je me suis acharnée."
Parlons-nous un peu de tes débuts en tant que DJette.
"C’était trois moi après que j’ai acheté mes platines, ça s’est fait très vite. Dès que j’ai eu mes platines, je ne faisais que ça, je loupais même des cours en m’enfermant neuf heures par jour pour mixer. Ça a été vite parce qu’en tant que batteur, une fois que tu as le rythme, il ne te reste plus qu’à maîtriser la machine. La machine est là seule chose qui te sépare de la musique, c’était juste une question de comprendre la vitesse de mon pitch pour pouvoir l’ajuster rapidement. Alors qu’avec la batterie c’est moi et mes mains, il n’y a pas de machine entre le résultat musical et toi. Bref, au bout d’un moi j’avais une démo cassette que je passais à des promoteurs et dans les trois mois depuis le début j’avais ma première soirée au mois de mai. Ça a marché, et cet été j’ai plus pleins de bookings locaux ; Montréal. Puis au bout de même pas un an, je sortais un peu, j’allais à Québec ou à Toronto puis les Etats-Unis et deux ans après, mon premier gig en Europe. J’ai aussi commencé à produire vite aussi donc ça a aidé aussi."
Tu as rencontré Carl Cox en Angleterre lors de ton premier gig là-bas. Comment as-tu vécu cette rencontre avec un tel artiste ?
"Oui ça c’est fait très vite, c’était en 1999. J’ai joué avec lui la première fois à Londres parce qu’il y avait une soirée INTEC et que j’avais déjà signé un track sur INTEC. Quand j’y repense en 3 ans j’étais signé sur Rotation, Tronic, Prime Area, dans le temps c’était des labels très respectés dans la techno même si certains ont fait faillite depuis. Pour revenir à Carl, j’étais super excitée d’abord d’être signé sur son label et puis d’être invité à jouer avec lui. Je me rappelle qu’avant la soirée il nous avait tous invité au resto et mon premier contact avec lui ça a été « Hey hi ! How are you, I love your track ! ». Et là j’étais vraiment impressionnée, je me suis assise en silence. À la soirée j’ai joué après lui et ça a tellement bien été, il a tellement tripé sur mon set qu’il a poussé le gars des lumières et il s’est mis à appuyer sur les boutons à faire les lumières pendant que je jouais. Il criait et il faisait n’importe quoi puisqu’il n’est pas éclairagiste ! Il est vraiment cool !"
Côté production, tu as créé Relentless Records en 1999, tu peux nous en raconter un peu l’histoire ?
"En fait en 1997 j’avais eu un gig à Vancouver et l’on m’avait décrit comme « Relentless » mais mon Anglais n’était pas très bon encore alors j’ai demandé si c’était une insulte ou quoi ?! On m’a traduit ça comme quelque chose qui ne s’arrête jamais et c’est la façon dont je joue qui est comme ça. J’ai donc décidé d’appeler mon label Relentless. Mais en 2003, j’ai du changer de nom parce qu’il était déjà déposé comme marque donc j’ai du changer. « Iturnem » est aussi un jeu de mot qui est survenu à une soirée après avoir bu quelques bières avec une copine. On dit souvent pour des choses « I got them » et donc « I turn them » qui est devenu Iturnem au niveau mondial pour ne pas avoir d’autres problèmes."
Tu as également remixé pas mal d’artistes (Ignition technician, DJ Preach…) mais quels sont les artistes que tu as signés sur Iturnem ?
"Rino Cerrone qui était un pilier de la techno il y a 3 ou 4 ans en Italie. Mateo Murphy, qui a travaillé avec Tiga avant qu’il ne soit connu. Il a fait beaucoup de productions avec lui mais malheureusement Mateo est un peu le gars gêné qui reste en arrière, du coup même si il mérite autant, il n’a pas eu autant de succès que Tiga aujourd’hui. Il faut savoir que Tiga ne travaille jamais tout seul donc Mateo représente la prod derrière la prod et je respecte beaucoup ça. Olivier Giacomotto, un Français de Bordeaux et quelques autres artistes…"
Est-ce que ce sont des commandes ou c’est toi qui fais la démarche de remixer ?
"On me contacte pour des remixes, mais ça fait pas mal de temps que je n’ai rien sorti sur d’autres labels que le mien. Là je vais recommencer à faire des choses pour d’autres labels parce que j’ai envie de m’éparpiller un peu et surtout parce que je les respecte énormément. Juste pour le trip d’avoir mon nom sur d’autres labels, ça donne du prestige."
Tu es aussi auteur de plusieurs compilations (Relentless Vol. 1 et 2, mb 01 et 02…) et dernièrement tu fais l’actualité avec « Come with me ». Comment tu sélectionnes les titres que tu compiles, as-tu des difficultés à signer certains artistes ?
"Les titres que j’ai sélectionnés dans le temps où UWe (Uncivilized World, NDLR) m’a demandé de faire la liste étaient exactement mes titres préférés que je jouais en club. Evidemment il y en avait plus, je donne toujours deux ou trois plus que de titres qu’il n’y aura dans le mix final pour m’assurer qu’au moment où je fais le mix j’ai le choix dans le track listing et il y en a toujours qui disent non. J’ai d’ailleurs quelques difficultés avec des trucs tellement gros que c’était impossible d’obtenir les droits au niveau mondial à moins de signer pour chaque pays. Par exemple je voulais licencier « Tweak » de Felix Da Housecat mais c’était vraiment un gros morceau. Ils ne cédaient les droits que pour un ou quelques pays mais c’est trop compliqué pour un label de signer des titres comme ça au niveau mondial.
Sinon il y a aussi les gens qui demandent beaucoup trop d’argent, des avances que le label a refusé et ça je comprends, aujourd’hui les temps sont difficiles."
Mais globalement tu es satisfaite de ta sélection finale ?
"Complètement, sur 40 tracks que j’ai présentés, j’ai du avoir 4 ou 5 non, donc il n’y aucun problème ! Mais ça m’a brisé le cœur de ne pas signer les artistes qui ont dit oui. C’est toujours comme ça parce que le jour où j’ai fait le mix, je le sentais d’une telle façon et je suis super contente du résultat final. Surtout parce que c’est assez difficile en un peu plus d’une heure de passer par autant de styles sans clasher mais je crois que j’ai quand même réussi à faire un mix qui commence tout doux, et qui évolue, d’une bonne façon sans que ça clash. J’ai fait ça parce que je pense qu’un CD mixé doit être représentatif de ce que tu fais en soirée. Quand je mixe 4 ou 5 heures en soirée, c’n’est pas que techno, que house, que minimal, que électro, mais j’aime toucher à tout vraiment."
Tu as mixé un peu partout dans le monde, est-ce qu’il y a des DJ-Producteurs que tu retiens particulièrement ?
"Des DJ pas vraiment à part Laurent Garnier que j’adore. Pas pour ce qu’il joue à proprement parler, mais pour comment il joue ce qu’il veut jouer. Je respecte beaucoup le fait qu’il joue ce qui est bon sans se poser la question de savoir à quel style ça appartient. Je suis écoeurée des gens qui critique parce que tu sors des limites de ton style. A la base on est des DJ, et si tu as le talent pour jouer de la bonne musique même si elle est différente alors c’est cool. Je ne vois pas où est le talent lorsque tu t’enfermes dans un style particulier et que tu ne fais que ça. Et si un jour tu touches à autre chose et que tu n’es pas capable de le mixer, tu appelles ça du talent ?
Après j’admire beaucoup les producteurs, en ce moment je suis amoureuse d’Alex Under. Je suis fanatique de lui, tout ce qu’il fait est tellement incroyable, tellement intelligent. Sinon c’est clair que Nathan Fake est un génie et puis j’aime beaucoup la musique de Dominik Eulberg, Trentemoller. D’autres gens qui ont réussi à se détacher de leur image techno en faisant des trucs beaucoup plus groovy comme Adam Beyer. Stanny Franssen qui sort plein de trucs hyper groovy à tendance minimale."
Dans quels pays te sens-tu le plus à l’aise musicalement ?
"J’ai toujours préféré les pays latins parce que les gens forcément ils sont plus chaud, ils démontrent plus d’amour, de joie comme au Brésil, en Espagne, la République Dominicaine. En même temps au Mexique ils sont latins mais je n’ai jamais eu une bonne gig au Mexique. Tu as beau être latin, il faut connaître la musique au minimum, au Mexique ils ne connaissent rien, je n’aime pas les gigs là-bas. Mais j’ai aussi eu des incroyables gigs dans des pays nordiques où les gens sont froids mais complètement fous parce que je ne sais pas ils boivent de la bière et ils sont cool. En Islande ou en Irlande par exemple ils sont super excités quand tu joues, ils aiment vraiment la musique. Sinon j’aime bien jouer en France, mais je trouve que la France est malheureusement un pays très fermé, ils ne s’ouvrent pas aux nouvelles choses. Ca book toujours les mêmes noms et ça suit la masse comme l’Allemagne. Mais les rares fois que je joue ici j’ai des bonnes gigs c’est cool même si j’aimerais avoir l’occasion de jouer plus souvent. Et bien sûr Montréal pour moi c’est numéro 1, Montréal c’est incroyable, c’n’est pas parce que c’est là où j’habite, c’est vraiment incroyable ! C’est vraiment des gens qui savent faire la fête et qui connaissent bien la musique en même temps."
Vendredi 21.04 tu seras à l’Elysée Montmartre pour la soirée PANIK. Connais-tu le public français ? Qu’est-ce que tu penses de la scène française ?
"Oui je suis super contente ! J’étais très étonnée quand ils m’ont demandé et en plus on m’a dit que c’était une des meilleures soirées sur Paris donc j’ai hâte de jouer. J’avais déjà joué au 287 avec Richie Hawtin en décembre et au Rex en juin dernier mais je n’ai vraiment pas aimé. C’était pourtant une soirée Gravity comme au 287 mais c’était plus facile pour moi de jouer après Richie, lui ne jouant que minimal ça m’a permis de jouer ce que je voulais. Au Rex, j’étais très excitée parce que je me suis dit bon Paris maintenant c’est très minimal électro je vais pouvoir faire ce que je veux, mais malheureusement au Rex il y a de plus en plus de non-parisiens, je crois maintenant que les Parisiens ne sortent même plus au Rex ! Alors quand ils ont vu mon nom, des gens sont venus de la Belgique , du Sud de la France , d’Espagne de passage qui se sont arrêtés. Du coup je me suis retrouvée avec une crowd qui voulait que de la Hard Techno parce qu'il y en avait un qui m’avait entendu au Sonar, l’autre à I Love Techno d’autres par-ci par-là et donc je n’aie pas pu faire ce que je voulais. Mais le 287 était super cool et je crois que demain ça va l’être aussi ! D’ailleurs je n’ai apporté que des disques électro et minimal donc si les gens veulent de la techno ils se débrouilleront !"
Dernière question, peux-tu nous raconter une anecdote de soirée ?
"J’en ai des belles anecdotes ! Par exemple l’Espagne est un endroit où j’ai énormément de popularité parce que toutes les années où j’ai joué Hard Tech, ils adorent ça là-bas. Mais quand je te dis énormément c’est à remplir des salles de 6000, 7000 personnes. Et l’autre soir pour pâques je ne jouais pas loin de Valencia, et à la fin de mon set les gens criaient « Rena, Rena, Rena ! », ils m’appellent la reine là-bas. C’est vraiment touchant, mais là ça en est rendu au point où j’étais hyper gênée, j’étais devenue rouge, ils m’ont apporté une douzaine de roses blanches, c’était très gentil mais ils m’ont ramené aussi une couronne ! Ils me l’ont mis sur la tête pendant que je jouais ! Il y avait des bulles de savon dans les airs et tout le monde criait « Rena, Rena, Rena ! ». En plus, le boss du club se met à genoux et il se met à m’embrasser le pied ! C’est super gentils, l’Espagne est comme une deuxième maison pour moi."
Un dernier petit mot pour nos internautes de lemonsound.com ?
"J’espère voir tout le monde à la PANIK demain et que vous allez acheter mon CD. Si vous avez des questions ou quoique ce soit, dates de tournées, discographie etc.… vous pouvez tout trouver sur mon site Internet www.misstressbarbara.com. Mais attention à bien mettre quatre « s », sinon vous tombez sur un site xxx dans le genre de la rue St Denis !"
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