|
| quote: | Beaujolais nouveau, un cru 2003 choc et cher
Chaque année, à l'approche du troisième jeudi de novembre, Georges Duboeuf se frotte les mains.
Depuis 1985, quand cette date a été officiellement choisie pour le lancement du beaujolais nouveau, ce négociant-éleveur de Romanèche-Thorins, près de Mâcon, mise sur l'ouverture de millions de bouteilles primeur de par le monde, sa société en vendant près du cinquième.
Si quasiment personne ne remet en question l'efficacité de cette machine marketing bien huilée, une hausse annoncée des prix d'environ 20% cette année pourrait rebuter certains aficionados d'un vin qui associe d'ordinaire légèreté de goût et de coût.
Pourtant, à quelques jours du verdict des consommateurs, Georges Duboeuf ne semble pas le moins du monde inquiet. Pour lui, derrière la cherté des flacons estampillés 2003 et une récolte faible en quantité en raison du gel puis de la canicule, se cache un bien meilleur vin.
"Ce sera vraiment un cru exceptionnel. Sans doute le meilleur que j'ai goûté dans ma longue carrière", assure-t-il à Reuters.
Georges Duboeuf sait que des centaines de personnes vont se précipiter dès mercredi soir dans les bars de Tokyo ou de Toronto pour avoir le privilège de goûter au nectar au douzième coup de minuit. Quelques heures plus tard, le primeur sera en vente dans les magasins.
Olivier Poussier, sacré meilleur sommelier du monde en 2000, partage l'enthousiasme de celui qu'on surnomme le roi ou le pape du beaujolais, pour le subtil changement gustatif de cette saison.
Cependant, prévient-il, "les gens risquent de bouder le beaujolais cette année. Le consommateur lambda va dire que c'est toujours aussi mauvais et qu'en plus c'est cher."
Chez Nicolas, la grande chaîne de cavistes, on confirme que les étiquettes afficheront jeudi matin une hausse de près de 20%, à 4,5 euros la bouteille.
"Nous avons été très prudents sur les stocks cette année", explique Michel Foucaud, son responsable marketing. "La mode du beaujolais nouveau était déjà en train de s'essouffler, la hausse des prix ne va pas l'arranger", prédit-il.
LE STRESS DU COUTURIER
Depuis le début de l'année, les raisins du Beaujolais ont subi les pires maux. "Les vignobles ont été touchés par le gel et les vents qui ont cassé les jeunes branches, ensuite par la canicule", raconte Georges Duboeuf. "Du coup, la production a été fortement affectée et nous avons dû payer plus aux vignerons."
Georges Duboeuf, 70 ans, achète et assemble depuis près de quarante ans les vins issus de cépage gamay noir à jus blanc produits par 400 exploitants de la région, au nord de Lyon. La région du Beaujolais exporte traditionnellement 50% de sa production.
L'année dernière, il a produit 36 millions de bouteilles, dont un cinquième de beaujolais nouveau.
La mode des vins primeurs a pris son essor dans les années 1960, grâce notamment à une réglementation fixant initialement la date de lancement au 15 novembre.
C'est Georges Duboeuf qui, grâce à un sens aigu du marketing, contribua à populariser ce rendez-vous autour d'un vin léger et gai, dédaigné par nombre d'amateurs "sérieux".
L'un de ses meilleurs outils de promotion reste les affiches proclamant chaque année sur les portes des bars et restaurants "Le beaujolais nouveau est arrivé!", un slogan qui ramène à chaque fois les amateurs de littérature et de bonne chère à l'univers nostalgique de René Fallet.
L'idée traversa l'Atlantique dans les années 80. Georges Duboeuf, qui avait commencé sa carrière en faisant ses tournées à vélo, s'est mis à envoyer des caisses de beaujolais à la vitesse supersonique, grâce au Concorde, qui décollait de France à minuit pour atterrir en temps et en heure aux Etats-Unis.
Le marché américain est aujourd'hui le plus important de la société Vins Georges Duboeuf, devant le Canada, la Grande-Bretagne et le Japon. Mais le beaujolais nouveau s'exporte également vers l'Afrique du Sud, la Corée du Sud, la Roumanie ou l'Arménie, rappelle Georges Duboeuf.
Au total, ce sont sept millions de bouteilles qui sortiront cette année de son exploitation, dont les trois quarts destinés à l'exportation vers 120 pays. D'ailleurs, à l'heure fatidique, Georges sera à Tokyo et son fils Franck à New York.
La clé du succès? "Le sur-mesure", souffle-t-il en faisant visiter la chaîne d'embouteillage sur laquelle défilent des étiquettes portant l'emblème du domaine, une tête de boeuf stylisée, rédigées en français, en anglais, en italien ou en japonais.
Pour être au rendez-vous, les caisses partiront par route, par rail et par air et, dans les derniers jours, une centaine de camions devraient défiler chaque jour à Romanèche-Thorins.
"On est forcément un peu stressé", avoue Georges Leboeuf. "Le beaujolais nouveau, c'est un peu comme un couturier qui présente ses premières collections. On sait que ce sera le reflet du millésime".
|
Demain je vais m'acheter ma petite bouteille que je dégusterai en écoutant ASOT. J'accompagnerai le tout d'un bon fromage et du pain poilane.
Et vous ???
Sinon un record à battre biensûr et je serai là for sure 
|