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L'ombre d'un Irakgate plane sur Tony Blair
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LONDRES (AFP) - L'ombre d'un Irakgate planait mardi sur Tony Blair, rentré à Londres d'un marathon diplomatique d'une semaine et menacé d'une enquête sur la façon dont il aurait exagéré la menace des armes de destruction massive (ADM) irakiennes, à ce jour introuvables.
Une enquête est désormais "presque inévitable", a affirmé mardi le président (travailliste) de la commission parlementaire sur la fonction publique, Tony Wright. Si les faits reprochés au Premier ministre travailliste et à ses trop fameux "spin doctors" (spécialistes de la manipulation) sont confirmés, "il s'agit de la violation la plus grave des règles de la vie politique", a-t-il ajouté. "Je ne sais pas si c'est vrai ou pas, mais la seule façon de le savoir, si on veut continuer à faire confiance au gouvernement, c'est d'avoir cette enquête", a souligné M. Wright.
Lundi à Evian, où il assistait au sommet du G8, M. Blair s'était montré convaincu à "cent pour cent" de la présence d'ADM en Irak et a demandé "un peu de patience" avant que des "preuves" soient présentées. Tony Blair avait également sévèrement critiqué deux de ses anciens ministres -l'ancien secrétaire au Foreign Office Robin Cook et l'ex-ministre du Développement international Clare Short-, qui l'accusent d'avoir trompé le pays sur la présence d'armes de destruction massive en Irak.
Ces propos musclés n'ont manifestement pas convaincu grand monde et la séance de questions hebdomadaires à la Chambre des Communes, mercredi, risque d'être chaude pour un Premier ministre sur la défensive. En effet, chaque jour qui passe apporte son lot de "fuites" embarrassantes. Mardi, le Guardian (centre-gauche) révélait que des responsables des services secrets avaient été mis à contribution pour convaincre les principaux ministres du gouvernement de la nécessité d'une guerre. En début d'après-midi mardi, plus de cinquante élus du Labour avaient déjà signé une motion demandant que soient publiées toutes les "preuves" gouvernementales.
L'opposition conservatrice, qui était pourtant favorable à la guerre, flaire l'occasion d'embarrasser sérieusement Tony Blair et envisage d'exiger la création d'une commission d'enquête indépendante. Le porte-parole de Downing Street a rétorqué mardi qu'il n'en voyait "pas le besoin". "Il ne fait aucun doute que Saddam (Hussein) avait et continuait de fabriquer" des ADM avant la guerre, a-t-il ajouté. Cette affaire constitue "un cocktail mortel pour le Premier ministre car il y a au sein de son propre parti des éléments qui lui sont depuis longtemps hostiles", a toutefois estimé l'ancien ministre tory de la Défense Michael Portillo, et "le public a droit à des réponses".
Le 24 septembre 2002, Tony Blair avait affirmé aux Communes que l'Irak possédait des ADM et que celles-ci pouvaient être activées dans un délai de 45 minutes. Ces propos avaient été repris le 21 février 2003 par le secrétaire au Foreign Office Jack Straw devant le Royal Institute of International Affairs (RIIA), un centre d'études indépendant basé à Londres.
Près de deux mois après la chute de Bagdad, ces armes sont toujours introuvables et les analystes soulignent que même si elles existent réellement, elles étaient loin de présenter la menace immédiate abondamment décrite par MM. Blair et Straw. La première victime de la crise de confiance en Tony Blair pourrait être l'euro, estimait-on de source diplomatique. "Comment les Britanniques pourraient-ils croire leur Premier ministre sur la monnaie unique s'il leur a menti sur l'Irak?", s'interrogeait cette source, sous couvert d'anonymat. Londres doit dire lundi prochain si les conditions sont réunies pour une entrée de la Grande-Bretagne dans la zone euro. La plupart des analystes estiment que le verdict sera négatif. |
On nous aurait menti? a l'insu de notre plein gré?? 
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