Les Français sont de plus en plus gros
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Jacques Chirac n'a pas encore déclaré la lutte contre l'obésité «grand chantier présidentiel» comme son homologue américain, mais sait-on jamais ? Les Français grossissent en effet de manière inquiétante. La troisième enquête ObEpi, rendue publique hier, réalisée par la Sofres avec des chercheurs de l'Inserm, à l'initiative des laboratoires Roche, sur 25 570 Français âgés de plus de 15 ans représentatifs de la population, vient de montrer que, entre 2000 et 2003, la proportion de personnes obèses est passée de 9,6% à 11,3%. En matière de poids, nous nous approchons dangereusement du modèle américain, où la fréquence de l'obésité et du surpoids a augmenté de 70% en dix ans.
L'enquête ObEpi, déjà réalisée en 1997 et 2000, permet de suivre l'évolution du poids des Français dans le temps. Les résultats, cette année, affichent une progression assez effrayante. Ainsi, la fréquence de l'obésité définie par un indice de masse corporelle (IMC, voir l'infographie pour le calcul) supérieur à 30 est passée de 8,2% en 1997 à 11,3% en 2003. La France compte donc aujourd'hui plus de 5,3 millions d'obèses. Le pourcentage de personnes en surpoids, c'est-à-dire avec un IMC compris entre 25 et 30, est passé de 28,5% en 1997 à 30,3% en 2003, soit 14,45 millions d'individus. Entre 1997 et 2003, la population française a grossi de 1,7 kg en moyenne par personne. Le surpoids et l'obésité ont progressé dans toutes les tranches d'âge, et en particulier après 65 ans. L'étude montre également que l'augmentation de l'obésité affecte toutes les catégories socioprofessionnelles. Les professions les plus touchées restent, comme en 1997 et 2000, les artisans et les commerçants (16,1%), les agriculteurs (13,2%), les ouvriers (12,7%). Alors que seulement 8,3% des cadres supérieurs et des professions libérales sont concernés. Sur le plan géographique, aucune région n'est épargnée. Mais le Nord (15,3% d'obèses en 2003) et le Bassin parisien (12,8%) sont tout particulièrement frappés.
«L'augmentation de la prévalence de l'obésité est de 5% par an, commente le professeur Arnaud Basdevant (Hôpital Hôtel-Dieu, Paris), qui a collaboré à cette enquête. La fréquence de l'obésité morbide a doublé en trois ans. Ce résultat correspond à notre expérience clinique, car nous voyons de plus en plus de formes précoces et graves de la maladie.»
La progression du poids des Français est-elle inéluctable ? «On pouvait penser, il y a quelques années, que l'Europe et la France en particulier échappaient à la tendance évolutive observée au États-Unis. Et bien non : on suit, lentement mais sûrement, la courbe de l'obésité américaine, souligne le spécialiste en nutrition. Si on met en place des mesures de prévention dès aujourd'hui, on pourra obtenir des résultats dans cinq ou dix ans. Je pense bien évidemment à la promotion de l'exercice physique et aux campagnes valorisant un nouveau modèle alimentaire.» Les causes de ce développement de l'obésité sont connues : une réduction considérable de l'exercice physique liée à notre mode de vie, sans que les quantités absorbées aient diminué, et une prédilection pour les aliments sucrés et gras, c'est-à-dire les plus caloriques.
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C'est le moment de réagir sinon on va être comme les américains 
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